Jeudi 16 avril : de Ljubljana à Piran

Nous quittons Ljubljana pour les marais qui se trouvent juste au sud-ouest de la ville. Nous mettons un bon moment avant de trouver un chemin qui y pénètre car la zone est assez urbanisée. En marchant jusqu'au bord de la rivière, nous entendons chanter beaucoup d'oiseaux, mais la plupart restent cachés. Un tarier pâtre se laisse observer, posé sur un buisson. Peut-être avons-nous aperçu, et surtout entendu, une fauvette orphéane, mais comme c'est un passereau furtif qui ressemble beaucoup à la fauvette mélanocéphale (que nous ne connaissons pas beaucoup non plus), c'est difficile à dire avec certitude. En tout cas, la traque est plus frustrante que fructueuse.
En route vers la côte, nous nous arrêtons faire des courses dans un bourg. Là, nous découvrons les vestiges d'une pile du viaduc ferroviaire qui traversait la vallée au début du XXème siècle. Plus loin, nous trouvons enfin un chemin qui conduit dans le marais et nous pique-niquons au bout, dans un pré. Nous y croisons une grande aigrette, mais toujours peu d'oiseaux par rapport à nos espérances. Ces marais semblent assez cultivés, un peu partout on voit des jardinets avec un véhicule garé auprès. 
L'étape suivante nous mène au château de Predjama (en slovène Predjamski grad). J'ai dormi entre les deux, mais Antoine dit que la route était sinueuse, voire virevoltante. Bien conservé et mis en valeur, le château de Predjama nous apparaît comme un impressionnant nid d'aigle. Construit au XIVème siècle, il était réputé imprenable. C'est un labyrinthe d'escaliers et de couloirs, sur quatre étages, enchâssé dans une falaise. Il domine la rivière Lokva qui disparaît dans un gouffre en-dessous.
Un chevalier-brigand dans le style de Robin des Bois y vivait, le fameux Erasme de Predjama. Il a si bien titillé l'empereur que l'armée autrichienne a fini par assiéger le château. Le siège a duré un an car, par le réseau de grottes derrière le château, on pouvait accéder à la vallée voisine et s'y ravitailler. A la fin, Erasme de Predjama a été vaincu par la trahison d'un serviteur qui a indiqué aux Autrichiens le point faible de l'édifice : les latrines. Et c'est là qu'un boulet bien ajusté a mis fin aux jours du seigneur du lieu et au siège par la même occasion. 
Nous poursuivons notre route vers Piran, petit port sur l'Adriatique. Nous passons près de Koper, le seul port industriel slovène. Il faut dire que la côte slovène n'est vraiment pas longue. A Piran, la ville médiévale est piétonne, il faut se garer à l'extérieur. Nous entrons donc sur le port d'allure vénitienne à pied. Nous trouvons à nous loger dans une sorte d'AJ tenue par un couple qui parle anglais, italien ou allemand selon les besoins. D'ailleurs, à Piran, tout le monde parle italien (et slovène aussi). Nous dînons sur le front de mer dans un restaurant très chic mais qui finalement ne casse pas des briques. Antoine estime que le poisson qu'on lui sert est aussi bon que celui de la cantine de l'Ifremer. C'était bien la peine de venir jusqu'en Slovénie ! Quant à ma soupe de poisson, ce sont des morceaux de poisson qui trempent dans du bouillon, comme en Roumanie.
Avant de rentrer à l'AJ, nous tournons un peu dans le centre médiéval, dans le labyrinthe (encore un) de ses ruelles étroites, jusqu'aux vestiges de ses remparts et à la cathédrale San Giorgio flanquée de son campanile et de son baptistère. Tout cela est décidément beaucoup plus italien que germanique. Nous terminons la visite de Piran par une église située tout au bout de la péninsule, près du phare qui a donné son nom à la ville ("Piran" vient du mot grec signifiant "feu").
A propos de feu, nous avons un petit souci d'électricité dans notre chambre à l'AJ : le plafonnier met presque une minute à s'allumer et c'est la seule lampe qui fonctionne. Quant au couloir, il vaut mieux se munir de la frontale pour y circuler. Mais bon, nous y sommes pour dormir, pas pour se promener dans les couloirs.

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