Lundi 20 avril : de Maribor à Forbach

Nous quittons l'AJ après le petit déjeuner et enchaînons immédiatement avec la première aventure de la journée. Hier soir, Antoine a finalement déplacé la voiture et l'a garée sur le parking de l'AJ, qui est fermé avec une chaîne. La tenancière lui avait dit que c'était simple, il suffisait d'ôter la chaîne de son crochet pour ouvrir le passage. Mais ce matin, nous constatons avec stupeur qu'une autre voiture s'est garée sur la place exactement devant le passage !! C'est d'autant plus stupéfiant qu'il y a encore d'autres places ailleurs. Difficile de sortir... Qu'à cela ne tienne : devant la SX4, il y a une bande d'herbe plantée d'arbres (pas trop serrés heureusement) et bordée d'un trottoir qui longe une rue, il suffit de sortir par là !
Ce problème résolu, il nous reste à trouver un pique-nique. Celje était la ville sans boulangerie, Maribor est la ville des boulangeries devant lesquelles on ne peut pas se garer. Eh bien tant pis, nous allons voir ailleurs. Nous nous arrêtons donc juste avant la frontière autrichienne pour prendre du carburant et acheter du pique-nique, un genre de hot-dog ouvert. Le boulanger nous parle tout de suite en allemand (nous a-t-il réellement pris pour des Allemands ou parle-t-on plus facilement allemand que anglais aux étrangers dans ce coin ?), et devant notre hésitation sur le pain à acheter, nous offre deux pâtisseries supplémentaires !
Je précise que, en Slovénie, tout le monde parle très bien anglais, aussi bien la tenancière d'une AJ branchée que le moindre pompiste dans un village au fin fond des montagnes. Peut-être cela vient-il de la situation géographique du pays, qui en fait une sorte de carrefour ? Comme aux Açores, nous avons remarqué aussi que tous les films en anglais sont sous-titrés et non doublés. Là-bas, Berta nous avait expliqué que cela jouait beaucoup dans la maîtrise de la langue anglaise. De plus, les Slovènes n'attendent pas du tout des touristes qu'ils parlent leur langue : dès qu'on est repéré comme touriste, on a droit à l'anglais, éventuellement l'italien sur la côte et donc l'allemand dans l'est du pays.
Puis c'est le départ pour la longue route, à commencer par l'Autriche et ses kilomètres de tunnels entrecoupés de travaux (ramassage des déchets et élagage, notamment : c'est très bien, c'est sûr, mais la longueur de voie interdite à la circulation nous semble très exagérée). Nous dégustons nos pains-saucisses sur une aire dans un parc national à proximité des montagnes. Il faut dire qu'en Autriche, la montagne n'est jamais très loin. Nous remarquons des coupes à blanc sur les pentes proches, ce qui contraste avec la Slovénie. Là-bas, les forêts (58% du territoire) sont très exploitées, mais de façon harmonieuse ; nous n'y avons jamais vu de coupes à blanc comme ici.
La route se poursuit en Allemagne, à côté des files de camions. Vraiment, la quantité de camions est impressionnante : à droite, ils forment une file ininterrompue, quasiment à touche-touche, et il arrive souvent qu'un camion passe sur la voie du milieu pour en doubler un autre. Nous dépassons des camions allemands, mais aussi slovènes, tchèques, slovaques, hongrois, roumains, lituaniens, lettons, et même turcs ! Toute l'Europe centrale et orientale s'est donnée rendez-vous sur cette autoroute allemande, celle précisément où nous sommes en train de circuler... 
Quoique, "circuler", c'est vite dit. Vers 17h, nous nous apercevons tout à coup que notre réservoir est presque vide !!! (hum, déjà vu, ça... ) Nous sommes obligés de faire encore quelques kilomètres avant de trouver une station sur une aire d'autoroute, mais nous savons que nous ne pourrons pas atteindre la suivante. Pourtant, celle-ci est blindée de camions. C'est l'heure à laquelle ils commencent à s'arrêter en prévision de la nuit. Et les places sont chères ! Sur cette aire, toutes les places de parking sont occupées par des poids lourds, ils ont investi les passages, la voie de dégagement qui vient de l'autoroute et même les accès à la station-service ! Impossible de s'approcher des pompes, sauf... en franchissant un trottoir ! 
Notre réservoir rempli, et avant même d'avoir quitté l'aire, nous nous retrouvons confrontés à un énorme bouchon. Les camions occupent les deux voies de droite et les voitures avancent tant bien que mal sur celle de gauche. Nous avons juste à prendre notre mal en patience et attendre que le bouchon se résorbe tout seul. 
Maintenant que l'autoroute est dégagée, Antoine tente l'expérience : à quelle vitesse ces Allemands peuvent-ils bien rouler ? 140, 150, 160, 165 km/h, Antoine serre le volant de toutes ses forces et sue à grosses gouttes, et c'est alors qu'il voit arriver un bolide dans son rétro ! Il se rabat et nous nous faisons à nouveau dépasser par des fusées !! Certains Allemands, avec leurs grosses BMW et leurs Audi, roulent donc à un bon 180, sans doute même 200...  
La frontière est enfin franchie entre Sarrebruck et Forbach, où nous trouvons un hôtel. Voilà, nous sommes de retour en France, plus besoin de tourner la phrase trois fois dans sa tête avant de demander une chambre ou à manger !

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