Ce matin, avant de quitter Bled, nous passons à nouveau par la boulangerie : les croissants coco-choco et les pains fourrés nous ont bien plu. Nous prenons aussitôt la direction de la gare de Bohinj. Le guichet, sensé être ouvert, est fermé, donc impossible de prendre des billets ou réserver des places, ou même se renseigner. Mais nous pouvons maintenant consulter les horaires : un car-train part pour Most na Soči, sa plus lointaine destination (quelques 40 km plus loin), à 9h10. Dommage, il est 9h15. Le prochain car-train s'arrêtera à Podbrdo (prononcer "Podbeurdo"), juste de l'autre côté de la montagne, il part à 11h36. Si on avait su... Tant pis, nous passons le temps en déambulant dans le bourg de Bohinj : le bancomat, l'église (fermée), le cimetière et ses petites lampes rouges sur chaque tombe bien propre, le jardin public où des bénévoles sont en train de nettoyer le bassin et planter des fleurs, la rivière et les oiseaux qui vont avec (cincle plongeur, bergeronnette des ruisseaux). Avant d'embarquer, nous faisons quelques jolies obs devant la gare : hirondelles, serins, verdiers.
11h20 : le train arrive, le contrôleur nous fait monter sur la plateforme, payer et hop, c'est parti pour 10 min de car-train... dans un tunnel ! Centenaire, le tunnel. Il a dû être utilisé pendant la
1ère
Guerre Mondiale comme d'autres dans ce secteur.
Du côté de Podbrdo, la vallée est très différente, plus encaissée, mais tout aussi onirique : forêts, prairies, séchoirs à foin, montagnes, sommets acérés et enneigés. Il faut dire que la vallée de Bohinj et Bled est un ancienne vallée glaciaire, ce qui fait qu'elle est très large et très plate, hormis les quelques blocs qui forment les sommets que nous avons grimpés hier. Cela explique aussi la présence des grands lacs de Bled et Bohinj.
Notre route traverse Most na Soči et Tolmin, puis longe la rivière Soča (prononcer "Sotcha"). Ici ont eu lieu les batailles du front de l'Isonzo (le nom italien de la Soča) pendant la 1ère
Guerre Mondiale, entre l'Italie et l'empire austro-hongrois. Hemingway le raconte dans L'adieu aux armes. Nous passons d'ailleurs à Kobarid, où Hemingway se trouvait au moment de la grande retraite de l'armée italienne. Les montagnes sont impressionnantes, on imagine bien quelle pouvait être l'importance stratégique de ces crêtes, mais aussi la rudesse des combats sur de telles pentes.
Nous prenons la route qui monte au célèbre col de Vršič ("Veurchitch"), dans les Alpes juliennes. Il paraît qu'elle est vertigineuse. Pour commencer, elle suit la Soča. Nous faisons halte sur un parking et grimpons dans la forêt à la recherche d'un coin où déjeuner. Il fait toujours aussi chaud et les chemins sont décidément raides. Nous entrons dans une grotte-tunnel qui pourrait bien dater de 1914-18. Dommage que nous n'ayons pas de lampe frontale dans nos poches. Au sommet de la montagne se trouvent les vestiges d'un château et d'une citerne du début du Moyen Age. La citerne a été en partie reconstituée mais du château, il reste surtout les fossés. C'est là que nous dégustons nos pains à la pizza et au fromage, en écoutant le chant des mésanges, des coucous et des pics noirs.
La route se poursuite par Bovec avant d'entamer l'ascension proprement dite. Elle comprend 25 lacets environ, tous numérotés. Environ, car nous savons qu'il y en a 50 en tout sur les deux versants, mais dans la descente, les pancartes ont été enlevées, sans doute à cause de la neige. En tout cas, ça grimpe, et pas qu'un peu ! Les parois au-dessus et en-dessous de nous sont quasi-verticales. Enfin, nous atteignons le col, plus ou moins dans la neige, à 1611 m. Nous y croisons deux gars qui reviennent d'une grande rando, flairent les marcheurs à nos tenue et nous conseillent l'ascension d'un petit sommet enneigé tout proche. C'est l'occasion de sortir les guêtres pour une petite grimpette dans la neige, qui nous emmène sur un belvédère au dessus de la vallée de la Soča. En chemin, on croise une casemate autrichienne de la première guerre, avec l’affût d'un canon pointé sur ce qui était l'Italie il y a un siècle...
La descente sur Kranjska Gora est moins vertigineuse dans les bois, mais tout aussi belle. On y croise rapidement une chapelle orthodoxe, construite en mémoire des 400 prisonniers russes qui se sont trouvés sur le passage d'une avalanche alors qu'ils construisaient la route pour le ravitaillement du front.
Nous terminons par l'autoroute en direction de Ljubljana où nous trouvons un hôtel un peu à l'extérieur de la ville, couplé à un complexe sportif : fitness, squash, salle de gym, badminton, massage pour après l'effort, manucure (on ne voit pas immédiatement le rapport avec le sport). Et l'endroit est très fréquenté jusqu'à tard dans la soirée ! En allant dîner dans le restaurant le plus proche, une pizzeria, nous croisons à nouveau des gens qui courent : ces Slovènes ne s'arrêtent jamais !
Nous terminons par l'autoroute en direction de Ljubljana où nous trouvons un hôtel un peu à l'extérieur de la ville, couplé à un complexe sportif : fitness, squash, salle de gym, badminton, massage pour après l'effort, manucure (on ne voit pas immédiatement le rapport avec le sport). Et l'endroit est très fréquenté jusqu'à tard dans la soirée ! En allant dîner dans le restaurant le plus proche, une pizzeria, nous croisons à nouveau des gens qui courent : ces Slovènes ne s'arrêtent jamais !
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