Lundi 13 avril : Bled, Bohinj

Nous sommes réveillés dès 6h car le jour est déjà levé et notre dortoir n'a ni volet ni rideau. En plus, les camions et voitures circulent déjà sur la route voisine. Tout cela nous fait douter de l'heure qu'il est réellement : en fait, y a t-il ou pas un décalage entre la Slovénie et la France ?!? Pour répondre à notre question, Antoine va compter attentivement les coups de la cloche de l'église de Bled quand elle sonnera dans la matinée : eh non, nous sommes bien sur le même fuseau que la France.
Nous décidons de rester une deuxième nuit à Bled et nous nous organisons pour passer la journée dans la ville et ses alentours. Un fois la voiture déplacée (le parking dans la rue est payant en journée mais nous n'avons pas trouvé le parcmètre), nous préparons un petit sac, puis déjeunons de croissants chocolat/noix de coco achetés à la boulangerie du coin. Hum, délicieux !!
La journée commence avec la visite du château de Bled (Blejski grad, dit-on par ici) et l'ascension du promontoire rocheux sur lequel il est construit. Il fait chaud ce matin, ce que nous n'avions pas prévu du tout : avant notre départ, les sites météo consultés annonçaient du froid jusqu'à -12°C (!!!) dans les Alpes juliennes où nous nous trouvons. En fait, nous avons droit à un bon 24°C et je ferais bien trempette dans le lac si la baignade n'y était pas interdite. De nombreux oiseaux chantent autour de nous, surtout des pinsons et des mésanges, mais ils restent très discrets. 
Le château de Bled n'est pas un château médiéval comme on peut en voir par chez nous. Comme il a toujours été habité depuis cette époque, il a été continuellement réaménagé au goût du jour. D'ailleurs, il est encore en travaux. A l'intérieur est présentée une exposition sur l'histoire et l'archéologie locales, on y découvre des vestiges de toutes les époques depuis le Néolithique, c'est assez intéressant. Près de Bled, il y a longtemps eu une grosse industrie métallurgique ; une forge est reconstituée dans le château. Par contre, la collection d'armes vantée par le guide se borne à une armure de parade et des objets de décoration en vente dans la forge. 
A la billetterie du château, nous avons eu la curiosité de compter les fascicules de visite en langue étrangère, histoire de voir qui fréquente les lieux. Et nous avons compté pas moins de 8 piles de fascicules en langues asiatiques, chinois, japonais, coréen ! Effectivement, pendant notre visite, un car de Coréens (avons-nous décidé) nous a tenu compagnie, photographiant à tout va les murs du château et le paysage alentour. Hum... c'étaient peut-être des Japonais en fait...
De retour au pied du promontoire, nous poursuivons le tour du lac (en slovène Blejsko jezero), plus ou moins aménagé pour les piétons. Nous croisons beaucoup de touristes, beaucoup de Slovènes qui courent ou font du vélo, des rollers, etc. Le goût des Slovènes pour le sport ne se démentira pas : jusqu'à la fin du voyage, nous en croiserons qui courent à toute heure du jour et de la soirée. Surtout des femmes. Politique de santé publique ? Culture locale ? Nous n'en saurons pas plus. 
Pour notre part, nous cherchons le sentier n°6 qui doit nous mener quelque part dans la montagne, d'après notre guide. Son départ est tout au bout du lac et il grimpe franchement. Nous supposons que c'est un chemin de charrette car il est large, creusé d'ornières et rétif à toute forme de lacet : seul un cheval pourrait accepter une telle pente. De charrettes, nous n'en croiserons que des touristiques, mais l'allure des chemins nous permet de penser que les vraies charrettes utilitaires ne sont pas rangées très loin. Et puis les bois que nous traversons aujourd'hui sont visiblement exploités. Or, aucun véhicule motorisé ne peut circuler sur ces pentes. Donc... Mais à part ça, nous n'avons vu aucun cheval tirant la charrue comme en Roumanie. Ici, les champs sont cultivés en tracteur. 
Une fois sur notre sentier forestier, nous profitons du premier coin d'ombre pour sortir le pique-nique, de délicieux pains enroulés en spirales, fourrés l'un à la pizza et l'autre au fromage de chèvre. Pendant ce temps, les touristes marcheurs défilent devant nous, dans un sens... puis dans l'autre. 
L'estomac enfin plein, nous poursuivons l'ascension jusqu'à un belvédère au-dessus du lac et de son île occupée par une église et un ancien monastère, puis jusqu'à un petit sommet caché dans la forêt de hêtres, Veliva Osojnica. En redescendant vers le lac, nous faisons un détour par Ojstrica, un autre sommet mais rocailleux celui-ci. Le tour du lac se poursuit devant les superbes villas et les hôtels luxueux qui font face au château. La ville de Bled est un des fleurons du tourisme slovène grâce à son château, son lac et son île (qui sont d'ailleurs en couverture de notre guide), et c'est aussi une station thermale réputée (comme beaucoup de villes ici). De plus, Tito s'y était fait construire une résidence en 1947, devenue aujourd'hui la Villa Bled. Un petit palais. 
Un détour par l'Office du Tourisme nous permet d'acquérir une carte du parc national du Triglav qui est tout proche et dans lequel nous comptons nous promener demain. Et de toute façon, nous avons du mal à circuler quelque part sans carte dans la main. 
Comme il est encore tôt, nous prenons la voiture en direction du lac de Bohinj et de la cascade de la Slavica (Slap Slavica). L'accès à celle-ci est payant mais il est 17h50, la guichetière nous fait clairement comprendre qu'elle a hâte de débaucher, nous fait signe que, oui oui, nous pouvons monter à la cascade et ferme le portillon derrière nous. La grimpette comprend de nombreuses marches irrégulières mais la découverte de la cascade compense largement la fatigue de l'ascension : c'est fascinant !
Après quoi nous redescendons sur Bohinj (prononcer "Bohigne") et son lac. Nous faisons quelques pas sur la berge à Stara Fužina (prononcer "Stara Foujina") : ce lac est plus sauvage que celui de Bled, et surtout moins touristique, en tout cas à cette heure-ci. L'eau en est tout aussi transparente et cela nous impressionne. Dans chaque rivière coule une eau bleu lagon qui laisse apercevoir les cailloux calcaires jaunes et blancs qui reposent au fond. 
Nous dînons dans une auberge dans un village non loin de là, à Srednjava. A nouveau, nous goûtons la cuisine traditionnelle locale, avec un échafaudage de viandes de porc pour Antoine (filet de porc, saucisse, jambon : "du cochon en trois façons" a-t-il résumé) et une très bonne truite grillée pour moi. 
Avant de rentrer à Bled, nous faisons un dernier détour par la gare de Bohinj afin d'y trouver les horaires du car-train que nous voulons prendre demain. Mais à cette heure, la gare est bien sûr fermée et la lampe frontale est un peu juste pour éclairer l'unique affiche d'horaires, à l'intérieur. Le lendemain, nous nous rendrons compte qu'il y avait un deuxième panneau qui donnait les horaires, bien visible à l'extérieur celui-ci. Seulement, il était tellement décollé et gondolé que nous l'avons pris pour une vieille affiche de pub...

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